Article tuto : un café commerce équitable ou rien

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Durée de lecture : 2 minutes

Comment aimez-vous votre café ? Serré, allongé, sucré, avec du lait,… ? Quelle que soit votre façon de le consommer, les grains de café viennent tous d’un pays tropical au climat chaud et humide. Le grain de café est la matière première la plus échangée  au monde après le pétrole. C’est aussi la boisson la plus consommée après l’eau. Comment s’organise la caféiculture ? Est-elle respectueuse de l’environnement et des hommes ?

Un commerce prospère et lucratif pour les entreprises

Le marché est en forte croissance avec un chiffre d’affaires mondial et annuel de plus de 200 milliards de dollars*. En France, le marché est dominé à 80% par trois entreprises, JDE (aux nombreuses marques : Senseo, Grand Mère…), Nestlé et Lavazza, avec 16,7% du marché en valeur. La richesse créée est accaparée par les groupes industriels et leurs marques. En France, leurs gains ont plus que doublé en 20 ans : de 1,2 milliards en 1997 à 2,6 milliards en 2017.

Et les caféiculteurs ?

La caféiculture est surtout organisée en petits producteurs pauvres dépendant de grands groupes agroalimentaires. Les revenus des caféiculteurs dans le monde ont stagné, voire régressé : les 25 millions de caféiculteurs et les négociants ont vu leur gain diminuer d’environ 4,3 % entre 1997 et 2017. Bien loin d’un ruissellement, les distributeurs font un barrage économique. La majorité des caféiculteurs vit en dessous du seuil de pauvreté. 

Et les consommateurs ?

A l’autre bout de la chaîne, les consommateurs paient leur café au prix fort, notamment depuis les dosettes et capsules.. Cette augmentation de prix n’a pas effrayé les clients puisque les ventes de café augmentent chaque année.

Pourtant, les Français sont de plus en plus soucieux de leur alimentation, de l’origine des produits jusqu’à la rémunération des agriculteurs. Les différents scandales sociaux, sanitaires et environnementaux liés à l’industrie agro-alimentaire ont encouragé ce tournant sociétal. 

Lavazza : une belle communication…

L’entreprise aime mettre en avant son côté familial et engagé. En 2004, l’entreprise crée sa Fondation pour mener des projets dont l’objectif principal est « d’aider les producteurs de café à améliorer le rendement et la qualité de leurs produits, grâce à la formation aux meilleures pratiques agricoles, et à encourager le développement de leurs compétences entrepreneuriales ».

Le groupe, entré dans le Global Compact des Nations Unies, soutient officiellement les Objectifs du Développement Durable. L’entreprise développe de nouvelles gammes pour répondre à la demande de produits responsables socialement et écologiquement, comme une capsule compostable et des gammes labellisées AB et UTZ. L’entreprise a aussi créé son propre logo Voix de la terre pour justifier ses actions de Responsabilités Sociales des Entreprises (RSE).

…sans être juste

Le label UTZ repose sur une logique productiviste afin d’accompagner les programmes RSE des multinationales sans mettre en danger leurs profits et sans aide économique pour les petits agriculteurs. Cette certification n’est pas équitable mais « durable », elle joue sur la confusion. Les conditions de vie et de travail des paysans ou la répartition des revenus ne sont jamais abordés par Utz. Le chiffre d’affaires de la firme a presque doublé en cinq ans, pour 1,34 milliard d’euros en 2015 à 2,085 milliards de dollar pour 2020 mais sans aucune déclaration sur la rémunération des caféiculteurs. 

FAIRe un monde équitable a appelé au boycott de Lavazza, avec Iboycott, tant que la firme aux bénéfices confortables n’aura pas : 

  • donner un prix minimum garanti, sur plusieurs années d’au moins 30% supérieur aux coûts de production non fixés sur le cours de la Bourse, incluant le panier de biens essentiels locaux et une prime d’investissement aux projets collectifs, gérée de façon autonome par les organisations d’agriculteurs 
  • été transparent sur ses marges (et pas question de répartir la hausse des coûts sur les consommateurs!)

 Soutenez notre action pour un monde plus juste, plus durable!

*(selon le rapport « Economic Research Working Paper No. 39 The powerful role of intangibles in the coffee value chain » par Samper, Giovannucci, Marques Vieira, 2017).